Affaire Philomène Diohine Sène: La chanteuse aurait agi sous l’influence d’un marabout

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L’affaire Diohine Sène continue de défrayer la chronique en France. Quatre jours après ce drame, la lumière commence à se faire sur ce scandale qui a provoqué l’émoi dans le village de Dampmart.
Horrible, il n’y a pas d’autres mots pour résumer le drame qui a eu lieu à Dampmart, ce village de 3.200 âmes. Un triple infanticide qui porte la signature de la chanteuse Diohine Sène. Vendredi dernier, la jeune artiste sénégalaise Sérère résidant en France, avait égorgé ses trois enfants Valentin, Laurent et Gnilane, avant de prendre la fuite.
Une marche de 1500 personnes en hommage aux victimes
A Dampmart où s’est déroulé le drame, les habitants portent le deuil. Une marche blanche a été initiée, samedi dernier par les amis des victimes. Près de 1.500 personnes participaient, à cette marche silencieuse dédiée aux trois enfants
Des centaines de roses blanches sont déposées devant le portail blanc de la maison en meulières, désormais placée sous scellés. Sur une banderole, ils ont simplement inscrit les prénoms des victimes Des bougies, quelques peluches, un message de la classe de Valentin.
Dans le cortège, on trouve majoritairement des amis de l’aîné. La plupart tiennent une rose blanche à la main et portent des tee-shirts sur lesquels sont inscrits des messages d’adieu à leur copain de lycée, que tous décrivent comme « gentil, sérieux en classe et à qui on pouvait faire confiance ». Si, pendant la marche, la plupart se sont contenus, beaucoup ont laissé éclater leurs sanglots, en arrivant devant la maison de leur défunt camarade.
Jean-Jacques, dont la petite-fille était amie avec la plus jeune victime, a du mal à parler tant il est bouleversé. « C’est son anniversaire aujourd’hui. Elle voulait venir pour rendre hommage à son amie, mais nous l’avons laissée à la maison. Quand elle a appris la nouvelle hier à l’école, elle a été très choquée». Un psychologue se rendra d’ailleurs, la semaine prochaine, dans l’école primaire pour échanger avec les élèves.
Des problèmes conjugaux à l’origine du drame 
Trois jours après le drame, c’est toujours la stupéfaction. Il était Difficile, pourtant, pour certains de croire à la culpabilité de la mère. Dans le cortège, une dame qui appelle Philomène sa « sœur de cœur » et qui la connait depuis plus de dix ans, ne veut pas y croire. «Il faut que j’aille la voir en prison et qu’elle me le dise en face. Sans ça, je ne peux pas croire qu’elle ait pu faire ça. Nous étions voisines à Villevaudé, un village à 10 km d’ici. Nos enfants ont grandi ensemble jusqu’à ce qu’ils déménagent à Dampmart, il y a neuf ans». Elle continuait néanmoins à fréquenter régulièrement la famille, rappelant qu’ils avaient «fêté Noël ensemble, il y a deux ans». « Elle adorait ses enfants. Elle avait même emmené Laurent (le benjamin), qui souffrait d’autisme, à Rome. Ils ont dans leur salon une très belle photo de lui dans les bras de Jean-Paul II», confie-t-elle non sans avouer que le couple connaissait de sérieuses difficultés conjugales.
D’autres voisins décrivent la jeune sénégalaise « gentille, très souriante » : « Elle nous proposait toujours à manger. Elle était chanteuse. La mère parfaite ». Une proche secoue la tête : « Cela ne peut pas être Philomène, elle aimait trop ses enfants ». Une autre doute encore : « On ne sait pas si c’est elle. Des gens disent qu’ils ont vu le père vers 5 heures du matin… »
La meurtrière aurait agi sous l’influence d’un marabout 
Alors comment expliquer un tel acte? Des témoignages rapportent que cette femme de 40 ans * aurait agi sous l’influence d’un maraboutD’autres thèses révèlent que Philomène connaissait des problèmes d’alcool, selon les premiers éléments de l’enquête. Une dépendance qui pourrait être à l’origine du drame.
« Il semblerait que la mère ait pété les plombs », confie une personne proche de l’enquête. « A priori, elle buvait », avance une source judiciaire. Le psychiatre et criminologue Roland Coutanceau, qui a co-dirigé l’ouvrage Violence et Famille (Dunod), juge ce fait divers « atypique » : « Il y a trois éléments inhabituels. Premièrement, il n’y a pas eu de tentative de suicide, dans la foulée. Classiquement, quand un parent, père ou mère, tue ses enfants, c’est dans un contexte de dépression, parce qu’il n’imagine pas les enfants sans lui. C’est le scénario de mort à plusieurs. Deuxièmement, l’arme blanche. En général, les mères qui tuent utilisent des médicaments ou, s’il s’agit de petits, la baignoire. Enfin, deux des victimes sont déjà des ados. » Et il avance deux pistes : soit des troubles mentaux de type délirant ou un alcoolisme compliqué par des troubles du comportement, soit, dans un contexte de séparation, la volonté d’un parent de se venger de l’autre, en supprimant ses enfants. L’enquête est suspendue à ce
que pourra dire la mère…
Les corps des victimes autopsiés, le père, sous le choc, à l’hôpital A la suite de son horreur, la meurtrière a été interpellée, vendredi après-midi, dans le XXe arrondissement de Paris, alors qu’elle s’était réfugiée chez des proches.
Après son arrestation, elle a été hospitalisée. Puisque «son état de santé n’est pas compatible avec la garde à vue, d’après une source proche de l’affaire, elle a été hospitalisée, d’office, samedi, après avoir passé un examen psychiatrique.
« Elle n’était pas en état de tenir des propos cohérents, son audition n’a rien donné », explique une source proche de l’enquête. Le père, « en état de choc », a lui aussi dû être hospitalisé. Une autopsie a été réalisée, hier matin, sur le corps des trois enfants, deux garçons de 14 et 16 ans et une fille de 10 ans, mais les résultats n’ont, pour l’instant, pas été divulgués.
Amadou Lamine MBAYE
REWMI QUOTIDIEN

 

Publié par Lamine SAMB, le 26/02/2013, à 14:01 GMT
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